Le monde de la plaisance attire chaque année une foule grandissante d’amateurs, propulsant la navigation de loisir au centre des préoccupations des assureurs et rendant la figure du skipper essentielle dans la maîtrise des risques à bord. Face à cette dynamique, la question de la responsabilité civile du commandant, ou capitaine, prend une dimension critique. Les fautes de commandement, qu’elles soient issues d’une inattention, d’une mauvaise interprétation des règles de navigation ou d’un choix hasardeux sous la pression, peuvent avoir des conséquences lourdes, tant humaines que financières. Or, dans un secteur où la frontière entre l’erreur involontaire et la négligence avérée demeure parfois floue, comprendre la portée réelle d’une assurance responsabilité skipper s’impose comme un impératif, à la fois pour les propriétaires, mais aussi pour les professionnels agissant sous l’égide de groupes majeurs tels que AXA Assurance, Alliaz Marine, La Parisienne Assurances, Bretagne Assurances, Matmut, Lloyd’s de Londres, Generali Marine, Groupe Covea ou Maif. Loin des formules toutes faites, cet article interroge la couverture réelle des polices d’assurance face aux aléas d’un commandement parfois incertain, croise les exigences réglementaires et éclaire les pistes pour naviguer – au sens propre comme au figuré – en toute sérénité.
Assurance bateau responsabilité du skipper : les enjeux d’une couverture adaptée
On ne saurait trop insister sur la centralité de la responsabilité du skipper dans la navigation de plaisance ou professionnelle. Dès que la mer se fait scène d’incidents – collisions, blessures à bord, pollution accidentelle – la responsabilité du chef de bord est engagée, et les conséquences peuvent s’avérer dramatiques. Cette réalité fait de l’Assurance Nautique un pilier indispensable, non seulement pour la conformité réglementaire, mais surtout pour la préservation du patrimoine et de la paix d’esprit du navigateur.
Les fautes de commandement, rarement intentionnelles mais souvent imputables à la pression ou à l’inattention, sont au cœur des sinistres majeurs. Un skipper, responsable de l’intégrité physique de l’équipage comme du matériel, dispose d’un champ d’action immense, mais doit aussi répondre de ses erreurs devant la loi et les victimes potentielles. La nature de ces fautes soulève donc une question clé : toutes sont-elles assurables ?
Pour y voir clair, il est nécessaire de distinguer :
- Les erreurs d’appréciation (ex. : mauvaise estimation d’une manœuvre, négligence des règles de priorité)
- Les manquements aux obligations réglementaires (ex. : non-respect des signalisations, absence de contrôles techniques obligatoires)
- Les décisions dangereuses en situation de stress (ex. : choix risqué en cas de météo dégradée, absence de mesures de sécurité)
Les grandes compagnies comme AXA Assurance, Allianz Marine ou la Maif proposent des contrats de responsabilité civile skipper, explicitant dans leurs conditions les frontières de la prise en charge. En particulier, la lutte entre l’intérêt commercial (offrir des garanties maximales pour séduire le marché) et la rigueur juridique (éviter la couverture de la faute lourde ou intentionnelle) structure leurs offres.
Type de faute | Assurabilité standard | Exemple typique | Prise en charge par l’assurance |
---|---|---|---|
Erreur d’interprétation des feux | Oui | Collision par non-respect des priorités | Indemnisation généralement acquise |
Manquement grave (alcool, drogue) | Non | Naufrage sous influence | Exclusion quasi systématique |
Décision inadaptée face à la météo | Oui, sous conditions | Sortie malgré avis de tempête | Dépend de l’intentionnalité démontrée |
Il apparaît ainsi évident que la compréhension des limites contractuelles et légales d’une assurance bateau s’avère tout bonnement indispensable. Si les fautes de commandement sont parfois couvertes, la frontière avec les agissements délibérés ou le non-respect ostensible des règles reste tranchante. Ce constat ouvre sur la nécessité d’un dialogue franc avec les courtiers spécialisés, à l’image de ceux du groupe Covea ou Generali Marine, pour calibrer la police d’assurance à sa pratique réelle de la mer.
Quelle responsabilité pour le skipper en cas de sinistre majeur ?
Considérons le cas d’une manœuvre d’accostage ratée, où le skipper heurterait gravement une autre embarcation. Dans ce scénario, la distinction entre faute vénielle et erreur caractérisée prend tout son sens lorsque l’assureur doit trancher : l’incident est-il l’aboutissement d’une négligence grave ou résulte-t-il d’un cumul d’aléas inattendus ?
En l’absence d’une assurance responsabilité civile solide, le skipper expose ses biens personnels aux demandes de réparation, mais également à d’éventuels recours judiciaires. Or, la sophistication des offres modernes, portée par les géants de l’Assurance Nautique tels que Bretagne Assurances, permet désormais d’étendre la protection au-delà des dommages matériels, incluant parfois les pertes financières indirectes et les frais de défense administrative ou judiciaire.
- Risque de saisie sur biens personnels
- Possibilité de mise en cause pénale
- Enjeux d’image et de réputation pour le skipper
Face à la montée des exigences, choisir la mauvaise garantie peut revenir à s’exposer, sans filet ni recours, à la violence d’une mise en cause dont les conséquences seront durables, voire irréversibles.
De la théorie à la pratique : la réalité des fautes de commandement sous la loupe de l’assurance
Il existe un écart notable entre la lettre des contrats et la réalité des accidents en mer. Les scénarios concrets, souvent révélateurs de la fragilité du commandement lors de situations exceptionnelles, montrent que la frontière entre une faute de commandement tolérée et une négligence exclue du champ d’assurance peut être ténue.
Ainsi, lorsqu’un incident survient, la première question posée par l’assureur (qu’il s’agisse de la Matmut ou de Lloyd’s de Londres) porte sur la qualification des faits. L’erreur de commandement est-elle le fruit d’un contexte imprévisible ou d’une imprudence manifeste du skipper ? Ce questionnement devient fondamental lors des expertises contradictoires, sachant que la défense du skipper repose en grande partie sur la capacité à prouver la complexité des circonstances.
Situation réelle | Fautes potentiellement retenues | Attitude de l’assurance | Exemple d’opérateur |
---|---|---|---|
Heurt d’un quai dans l’obscurité | Mauvaise analyse des signalisations lumineuses | Prise en charge, sauf preuve de défaut d’équipement obligatoire | Allianz Marine |
Passager blessé lors d’une tempête | Départ malgré bulletin d’alerte météo | Expertise sur le caractère raisonnable de la décision | Groupe Covea |
Pollution accidentelle | Manœuvre d’évitement déclenchant une fuite de carburant | Idem, prise en charge sous réserve de bonne foi | Generali Marine |
- Expertise technique indispensable après sinistre
- Valorisation du comportement « prudent mais audacieux » du skipper
- Rôle crucial des témoins et de l’équipage dans la qualification de la faute
Ces éléments plaident en faveur d’une approche rigoureuse de la navigation, mais surtout d’un choix éclairé du contrat d’assurance, en anticipant les failles des clauses d’exclusion, sujet complexe sur lequel les courtiers spécialisés (comme ceux de la Maif ou de Bretagne Assurances) font la différence.
L’importance de relire les conditions générales avant signature
Beaucoup de sinistres dévoilent, hélas trop tard, l’existence d’exclusions mal comprises ou de franchises disproportionnées. L’exemple du skipper surpris d’apprendre qu’une négligence d’entretien, pourtant mineure, l’exclut de toute indemnisation en cas de panne qui provoque un accident, interroge : pourquoi ce manque d’anticipation ?
- Exclusions liées à la navigation hors zones autorisées
- Obligation contractuelle de formations ou diplômes
- Non-respect des périodicités de maintenance
Ces clauses, parfois enfouies dans la documentation, démontrent la nécessité de faire appel à des professionnels de l’assurance pour décrypter le vrai niveau de protection, au-delà des slogans commerciaux flatteurs.
Comparatif des principales offres d’assurance skipper : quelles garanties couvrent réellement les fautes ?
Entre promesse publicitaire et réalité contractuelle, la comparaison des offres d’assurance skipper, en particulier sur la question des fautes de commandement, révèle des divergences marquées selon les acteurs majeurs du secteur. Il est donc nécessaire de confronter les garanties, exclusions et spécificités de chaque assureur pour aller au-delà des discours de façade.
Un examen méticuleux des contrats proposés par des groupes comme AXA Assurance, Generali Marine, Allianz Marine ou encore la Parisienne Assurances permet d’établir une cartographie des points forts et limites de chaque produit. Par exemple, dans le cas d’une erreur d’interprétation de balisage entraînant une collision, certains assureurs privilégient une lecture au cas par cas, d’autres adoptent des exclusions plus rigides.
Compagnie | Limites principales | Prise en charge classique | Originalité / Avantage |
---|---|---|---|
AXA Assurance | Exclusion faute intentionnelle, alcool, substances | Erreur de manœuvre, bousculade portuaire | Assistance juridique incluse |
Allianz Marine | Dommages en cas d’infraction administrative | Majorité des fautes de commandement « honnêtes » | Service de gestion de crise 24/7 |
La Parisienne Assurances | Exclusion pollution volontaire ou négligence grave | Accident sur passager, collision évitable | Option cyber-assurance pour bateaux connectés |
Matmut | Faute lourde (ex : navigation sans permis valide) | Incidents environnementaux accidentels | Assistance administrative renforcée |
Lloyd’s de Londres | Juridiction internationale, exclusions locales | Couverture multinationale étendue | Personnalisation aux plaisanciers réguliers |
Groupe Covea | Faute inexcusable, défaut de déclaration | Dommages matériels, frais de défense | Souscription modulable par zones géographiques |
L’analyse comparative montre que, bien qu’une majorité d’assureurs couvre les fautes de commandement simples, la probité et la bonne foi du skipper restent des critères déterminants dans la décision d’indemnisation finale. L’exclusion systématique des délits intentionnels, de l’usage de substances illicites ou d’une navigation hors des zones autorisées impose au skipper une discipline irréprochable s’il veut bénéficier pleinement de la protection promise.
- Nécessité de faire une déclaration circonstanciée rapide en cas de sinistre
- Conservation des justificatifs de formation et d’assurance à bord
- Souscription d’options complémentaires adaptées au profil du skipper
Le choix de l’assurance ne doit donc pas être dicté uniquement par le tarif, mais par la granularité des protections face aux situations concrètes auxquelles un navigateur peut être confronté. Les écarts de prise en charge justifient, à eux seuls, un examen approfondi avant toute souscription.
Focus sur l’assurance cyber-risques : la nouvelle frontière de la responsabilité du skipper
L’arrivée massive des technologies embarquées dans les bateaux ouvre un nouveau chapitre dans la gestion des risques. Désormais, la cyber-responsabilité fait partie intégrante des polices d’Assurance Nautique, à l’instar de La Parisienne Assurances ou Generali Marine qui intègrent la prise en charge des cyberattaques ou failles informatiques impactant la navigation (ex : piratage du GPS, demandes de rançon sur logiciels de bord). Ainsi, la faute du skipper ne se limite plus à une simple erreur de manœuvre, mais englobe sa capacité à protéger ses outils numériques et à réagir à une attaque externe, sous peine de voir l’indemnisation compromise.
- Protection des systèmes embarqués contre le piratage
- Indemnisation en cas d’interruption d’activité due à une attaque
- Accompagnement par des experts cybersécurité
Cette évolution, en phase avec les défis de 2025, incite les skippers à réviser leur compréhension de la sécurité et de la responsabilité digitale, désormais tout aussi importante que la vigilance sur le pont ou à la barre.
Responsabilité du skipper professionnel : l’assurance, une obligation morale et légale
Pour le skipper professionnel – convoyeur, charter ou instructeur –, la notion de responsabilité bascule vers une dimension bien plus juridique et engageante. Aux risques classiques viennent s’ajouter des obligations découlant du transport de passagers payants, de la location du navire, voire de la formation d’autres plaisanciers. Ces activités, justement parce qu’elles sont rémunérées, exigent une couverture spécifique et renforcée.
La majorité des assureurs maritimes propose des formules dites « RC Pro Skipper » où la faute de commandement fait l’objet d’une analyse approfondie. La frontière entre manquement professionnel et erreur humaine demeure sujette à débat, ce qui impose au skipper une anticipation constante pour éviter la requalification de la faute en « négligence inexcusable » (aboutissant souvent à une exclusion de garantie).
Nature de l’activité | Assurance obligatoire ? | Risques supplémentaires | Exemple de sinistre |
---|---|---|---|
Convoyage | Oui | Transport international, délais imposés | Bateau endommagé lors d’une escale imprévue |
Charter avec passagers | Oui | Responsabilité sur chaque passager | Blessure grave d’un client en manœuvre d’amarrage |
Enseignement / formation | Oui | Risques liés à l’inexpérience des stagiaires | Collision lors d’un exercice de récupération d’homme à la mer |
- Vérification systématique du niveau de garantie avant chaque campagne ou transatlantique
- Formation continue pour rester aligné avec la réglementation
- Déclarations actualisées lors de l’ajout d’un nouveau type d’activité
Dans les faits, la RC Pro Skipper demeure un outil de confiance, à condition d’être précisément ajustée : les contrats généralistes s’avèrent rapidement insuffisants face à la sophistication des contentieux modernes, d’où l’intérêt de travailler avec un spécialiste de l’Assurance Nautique pour chaque métier de la mer.
Le contrat de co-marin : responsabilité partagée, protection renforcée
Face à l’aléa et au risque juridique, certains skippers optent pour la signature de contrats de co-marin, qui visent à exclure ou définir précisément la responsabilité de chacun à bord. Si cette approche n’exonère pas du tout de l’obligation de s’assurer individuellement, elle offre un cadre précieux en cas de sinistre en clarifiant les pourtours de la faute et de l’obligation d’indemnisation entre équipiers, passagers et skipper.
- Répartition contractuelle des responsabilités
- Limitation de la prise en charge à certains types de dommages
- Effet dissuasif sur les litiges internes à l’équipage
Ce mécanisme contractuel, simple à mettre en œuvre, se révèle souvent vital dans la résolution amiable des contentieux. Toutefois, il ne dispense en rien d’une solide RC Pro Skipper pour répondre tant aux obligations de l’activité commerciale qu’aux exigences de la loi.
Les sinistres les plus fréquents : analyse des cas pratiques et enseignements à tirer
L’étude des sinistres réels déclarés auprès des assureurs comme AXA Assurance ou Generali Marine dévoile des tendances instructives sur les fautes de commandement et les conséquences de leur gestion – ou absence de gestion – assurantielle. Trois grandes familles d’incidents se démarquent :
- Les collisions (en mer ou à quai)
- Les blessures corporelles à bord
- Les dommages environnementaux
L’exemple du skipper amateur qui, lors d’un accostage difficile, endommage gravement un voilier amarré à proximité, rappelle que la moindre inattention peut se traduire par une action en justice si la victime n’est pas satisfaite d’une réparation à l’amiable. Or, l’assurance, permettant une prise en charge rapide des coûts, constitue la meilleure parade contre l’escalade judiciaire.
Type de sinistre | Origine | Conséquence directe | Prise en charge assurantielle |
---|---|---|---|
Collision portuaire | Erreur lors de la manœuvre finale | Réparation du navire tiers | Oui, hors infraction manifeste |
Blessure à un passager | Mauvaise anticipation des mouvements du bateau | Indemnité médicale + perte de revenus | Oui, si navigation « normale » |
Pollution accidentelle | Fuite de carburant suite à choc | Nettoyage, amendes potentielles | Oui, sauf négligence avérée |
On observe que la majorité des incidents trouvent leur origine dans la fatigue, le relâchement de l’attention ou la sous-estimation de la complexité de la situation. Les assurances modernes (Bretagne Assurances, Matmut, Maif) insistent alors sur la formation continue et la vérification des équipements comme facteurs de réduction du risque.
- Mise à jour du bilan de compétences nautiques
- Adhésion à une fédération ou club reconnu
- Participation à des stages de préparation en équipage
L’analyse fine des sinistres passés permet, en outre, d’anticiper les risques émergents, comme ceux liés à la navigation autonome ou semi-autonome qui commence à se déployer dans le secteur, matière à de nouveaux contentieux pour la décennie à venir.
Le rôle de l’assurance dans la gestion de crise après sinistre
Au-delà de l’indemnisation financière, une assurance skipper efficace offre un appui immédiat en cas d’incident. La qualité de la gestion du sinistre – conseil juridique, intervention rapide des experts, aide à la communication avec les blessés ou tiers – peut faire la différence entre une résolution apaisée et la multiplication des procédures coûteuses.
- Mise en relation avec un avocat spécialisé
- Prise en charge des éléments de preuve (expertise)
- Soutien moral et administratif à l’équipage
Les groupes leaders comme AXA Assurance, Groupe Covea ou Matmut valorisent désormais ces services dans leurs gammes supérieures, considérant que l’assistance globale vaut désormais autant – sinon plus – que la simple indemnisation pécuniaire.
Pièges à éviter et conseils pour choisir judicieusement son assurance responsabilité skipper
Se lancer dans la souscription d’une assurance bateau sans discernement, c’est naviguer à vue dans une mer truffée d’écueils contractuels. Trop de plaisanciers, séduits par des primes attractives ou l’illusion de garanties « tous risques », découvrent après coup que les fautes de commandement les plus courantes sont inassurées ou assorties de franchises prohibitives.
- Négliger l’étude des conditions générales
- Choisir son contrat essentiellement sur le prix
- Sous-évaluer la valeur des équipements embarqués
Le remède ? L’intervention d’un courtier spécialisé, à même de décrypter les subtilités des exclusions et d’adapter la police à la réalité de la pratique nautique. Il est d’usage de demander plusieurs devis, notamment auprès d’acteurs de renom comme Generali Marine, Maif ou Allianz Marine, pour confronter les plafonds d’indemnisation, les obligations déclaratives et les services post-sinistre.
Piège classique | Conséquence | Solution proposée |
---|---|---|
Franchise trop élevée | Indemnisation insuffisante sur incident mineur | Opter pour une formule à franchise modulable |
Exclusion de faute de navigation hors zone | Non-prise en charge lors d’un sinistre en eaux étrangères | Négocier une extension géographique adaptée |
Non-inclusion des fautes de commandement non graves | Refus d’indemnisation sur erreur « compréhensible » | Vérifier concrètement le wording du contrat |
Les éléments de différenciation entre les acteurs majeurs résident désormais autant dans la capacité à accompagner « après coup » que dans la performance contractuelle initiale. Les assureurs tels que Bretagne Assurances ou Groupe Covea s’appuient de plus en plus sur l’intelligence artificielle pour détecter et prévenir les failles d’information, renforçant l’intérêt d’une relation de confiance établie avec son conseiller ou courtier.
- Vérification périodique de l’adéquation couverture / pratique réelle
- Conservation des preuves de chaque maintenance ou mise à jour technique
- Souscription d’avenants pour tout changement majeur (changement de zone de navigation, d’équipage régulier, d’activité)
La prudence dans le choix de son assurance est la meilleure arme contre l’imprévu, à l’heure où la sophistication des risques en mer impose une lecture renouvelée et critique du simple contrat « responsabilité civile skipper ».
L’émergence du score de navigation responsable et ses enjeux
L’innovation de 2025 s’exprime par l’arrivée de nouveaux outils d’évaluation : le « score de navigation responsable » attribué par certains assureurs, permet désormais aux bons élèves de bénéficier de réductions sur leur prime. Ce score, fondé sur l’absence de sinistres, la formation continue, et le respect scrupuleux des zones autorisées, promet de récompenser la prudence – mais soulève aussi des questions sur la protection des données et le risque de stigmatisation.
- Collecte et conservation de données de navigation (GPS, comportement en mer)
- Risque de discrimination indirecte des profils atypiques
- Incertitude sur la valorisation des situations d’urgence décidées par le skipper
La personnalisation croissante des primes d’assurance appelle donc à un dialogue régulier avec l’assureur, afin d’éviter les dérives tout en profitant des avantages pour les skippers les plus rigoureux.
Assurance Nautique et évolutions réglementaires : vers une responsabilité accrue du skipper
Les évolutions réglementaires récentes, tant au niveau national qu’européen, tendent à renforcer la responsabilité du skipper pour intégrer les nouveaux défis liés à l’affluence en mer, à l’impact environnemental et à l’émergence des navires autonomes. Ces réformes obligent assureurs et navigants à revoir périodiquement leur contrat d’Assurance Nautique, sous peine de se retrouver en décalage avec les nouvelles obligations légales.
La France, notamment, a introduit des obligations plus strictes pour tout détenteur d’un permis plaisance, imposant la justification annuelle de la formation continue et l’affichage systématique des polices d’assurance couvrant les fautes de commandement à bord. Ceci a conduit les groupes tels que Lloyd’s de Londres, Generali Marine ou la Maif à proposer des packages adaptés, incluant des modules de formation et des mises à jour contractuelles automatiques.
Nouvelle exigence réglementaire | Conséquence pour l’assuré | Réponse des assureurs |
---|---|---|
Justification annuelle de formation | Risques non couverts en cas de défaut | Appels de rappel, modules e-learning inclus |
Affichage obligatoire des garanties à bord | Sanction administrative si manquant | Carte d’assurance plastifiée fournie systématiquement |
Extension de la responsabilité environnementale | Amendes alourdies en cas de pollution | Intégration de la couverture nettoyage / restauration |
- Vérifier que son contrat inclut bien les extensions réglementaires
- Mettre en place une veille via son assureur ou fédération
- Anticiper les évolutions en souscrivant des formules évolutives
Loin d’être un simple enjeu de conformité, l’adaptation réglementaire est aujourd’hui une nécessaire mise à niveau pour protéger à la fois le skipper, son équipage, et l’environnement marin. Les compagnies avant-gardistes (Allianz Marine, AXA Assurance, Groupe Covea) se positionnent en partenaires pro-actifs des navigants, plutôt qu’en simples financeurs du risque.
Comment valoriser son engagement responsable auprès de son assureur ?
La meilleure façon de tirer parti des évolutions réglementaires et de valoriser son engagement responsable consiste à entretenir une relation proactive avec son assurance : remise régulière des relevés de navigation, déclaration des formations suivies, anticipation des grands départs et notification en temps réel des modifications majeures concernant le navire ou l’équipage. Nombre d’assureurs de premier plan valorisent aujourd’hui cet « engagement nautique » par l’attribution de bonus gage de fidélité ou la mise à disposition d’options premium réservées aux meilleurs profils.
- Envoyer annuellement ses certificats de formation à l’assureur
- Participer à des stages organisés ou labellisés par l’assureur
- Souscrire et faire valoir des chartes éco-responsables
Cette démarche, récompensée par une réduction du tarif ou l’accès à des prestations qui pouvaient jusqu’alors sembler inaccessibles (par exemple assistance internationale, hotline dédiée, accélération de gestion de sinistres), marque une évolution structurelle de la relation skipper-assurance. L’avenir sera à la navigation responsable, mutuellement bénéfique pour l’assureur, le navigateur, et le bien commun marin.
Cas d’école et anecdotes : ce que révèlent les plus grands sinistres couverts dans le nautisme
Au fil des ans, l’analyse détaillée des plus grands sinistres du secteur nautique fait ressortir la richesse – mais aussi la variabilité – de la jurisprudence en matière de faute de commandement. Plusieurs exemples illustrent comment, selon la réactivité du skipper et la qualité de sa souscription, l’issue d’un sinistre peut se transformer en démonstration d’efficacité assurantielle… ou en naufrage juridique et financier.
On retiendra le cas spectaculaire de cette traversée méditerranéenne, où le skipper, victime d’une avarie majeure sur les instruments électroniques, a su prendre les mesures d’urgence appropriées, évitant ainsi le pire pour ses passagers et son navire. Son assurance, souscrite auprès de La Parisienne Assurances, a couvert non seulement les dégâts matériels, mais aussi les frais de rapatriement et l’assistance psychologique post-incident – là où bon nombre de contrats traditionnels se seraient limités à la prise en charge des seules réparations matérielles.
Sinistre emblematic | Réaction du skipper | Garantie activée | Assureur | Enseignement à tirer |
---|---|---|---|---|
Collision lors d’une régate | Déclaration immédiate, prise de photos | RC skipper, dégâts tiers, assistance | Generali Marine | Importance des preuves et délais courts |
Pollution d’une zone Natura 2000 | Reconnaissance immédiate des faits | Protection défense et recours, nettoyage environnemental | AXA Assurance | Sincérité et coopération comme biais favorable |
Blessure grave d’un équipier inexpérimenté | Coordination efficace avec secours | Prise en charge passager, RC skipper | Matmut | Solidité du contrat accident corporel |
- Déclaration de sinistre ultra-rapide pour bénéficier du soutien maximal
- Transmission détaillée des circonstances (témoignages, photos, rapports)
- Collaboration active avec les experts et les secours
Chaque anecdote milite pour une vision pragmatique et rodée de l’assurance : anticiper, bien s’informer, agir de façon transparente. Les contrats d’Assurance Nautique innovants s’appuient de plus en plus sur la satisfaction des clients ayant vécu ces situations extrêmes pour promouvoir de nouvelles garanties ou des prestations personnalisées – gage que la solidarité entre skipper et assureur reste une réalité, même dans la tempête.